#2 Happy (aussi) au bureau ?

Happy.work« La vie est trop courte pour travailler triste » disait Séguela, ce que le Dr Edwards W. Deming, plus connu pour la démarche Lean, énonçait de la façon suivante : « le but ultime du management consiste à créer un environnement où chacun puisse prendre du plaisir au travail ». Deming a en effet fortement défendu le lien de causalité entre « bonheur », « amélioration de la qualité » et par voie de conséquence des performances de l’organisation (Sans vouloir généraliser :-) la plupart des entreprises qui se sont mises au Lean ont dû oublier la première partie de l’axiome !).

Toutes les études (surtout outre-Atlantique) le démontrent, les collaborateurs font désormais la chronique d’un succès annoncé.

C’est notamment ce qu’a démontré Shawn Achor (spécialisé en psychologie positive et primé à plusieurs reprises pour ses brillantes interventions à la Harvard Businss School), auteur du livre « The Happiness Advantage » et d’une tribune dans la Harvard Business Review en janvier-février 2012 « The happiness factor« , tribune dans laquelle il fait le lien direct entre bonheur et performance.

Plus récemment, celui-ci a effectué une synthèse des études menées depuis une dizaine d’années sur le sujet du bonheur en entreprise pour délivrer des conclusions tangibles : les organisations ayant misé en priorité sur le bonheur de leurs collaborateurs connaissent une croissance de leurs ventes de +37%, la productivité est accrue de 31% et la concentration augmente  de +19%.
J’y ajoute les 4 effets positifs complémentaires et non négligeables : plus d’innovation, plus d’, un meilleur service au client, une plus grande capacité à changer.

Pour enfoncer le clou et élargir le champ de vision topographique, trois autres chercheurs en psychologie positive (Sonja Lyubomirsky, Laura King et Ed Diener), ont mené une étude qualitative sur un échantillon de 275 000 personnes dans le monde pour faire émerger un point clé : le fait d’être provoque un effet de magnitude positive sur tous les domaines de la vie personnelle et professionnelle d’une personne, sa performance au travail, sa santé, sa longévité, la qualité de ses relations interpersonnelles, sa créativité et son énergie.

La revendication et la possibilité d’être n’est plus un simple vœu pieux mais une réalité et une réalité sonnante et trébuchante pour les organisations qui franchissent le pas. En France et chez nos amis les Belges :-) : le mouvement est déjà amorcé, pour le suivre de près, petit rappel des sources incontournables :

L’approche globale du bonheur en entreprise repose sur la capacité d’un manager, d’une organisation à développer et nourrir les trois piliers de la intrinsèque énoncés par Daniel Pink : Autonomie, Compétence et Sens, avec un pré-requis : faire confiance, voir les autres comme « capables de » plutôt que « dans leurs déficits ».

Pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet, l’Institut Viavoice pour le Nouvel Observateur a identifié en octobre 2013 les conditions du bonheur en entreprise en France : où reconnaissance et motivation arrivent en priorité (voir synthèse visuelle des résultats ci-dessous et détail de l’étude en cliquant sur le le lien « Institut Viavoice »).
Le bonheur au travail, ce n’est pas l’hilarité permanente au bureau mais cela ressemble plutôt à ce que le psychologie Mihaly Csikszentmihalyi appelle le « Flow », un état optimal avec un sentiment d’engagement total et de réussite (sentiment d’être reconnu pour ce que je fais et ma valeur ajoutée, autonomie dans mon travail, compréhension de ce que je fais et pourquoi je le fais, sentiment de progresser/de me développer, relations positives et constructives au travail… ). Certaines organisations abordent d’ailleurs le sujet sous des angles détournés comme « qualité de vie au travail » ou « équilibre vie pro/vie perso »…

Les conditions du bonheur au travail

Ce billet n’a pas pour intention de vous refaire l’histoire du bonheur et de recouper toutes les études (les entreprises convaincues et converties les connaissent déjà et les liens cités en référence constituent une très bonne synthèse) en revanche pour les autres, il est essentiel de repasser par le « dur » pour éviter de passer pour un Bisounours, pour donner envie d’en parler en équipe sans attendre Godot !

En effet avec l’équipe du Labo du Management à Lille, nous avons également abordé le sujet du bonheur en entreprise sous forme d’ateliers expérientiels pour action entre septembre à décembre 2013 avec des résultats probants. Ce qui m’a frappé durant ces ateliers et ceux menés avec d’autres entreprises, c’est que l’envie des managers d’aborder le sujet est bien présente mais le sujet semble incongru, déplacé…surtout quand on a déjà un historique de « management classique »  avec son équipe et/ou compte tenu de la difficulté du contexte économique.

Or la période « retour de vacances » apparaît comme idéale pour amorcer une discussion différente, de surcroît s’il y a des objectifs ambitieux à atteindre jusqu’à fin décembre !
Pourquoi se concentrer sur l’équipe parce que c’est l’espace de discussion dans lequel vous pouvez « bouger les lignes », parce que le bonheur et le plaisir de travailler ensemble c’est contagieux autant commencer avec « ce qui est là ici et maintenant » plutôt que d’attendre.

Comment entamer la discussion ?

Ca commence avec vous manager : Walt Disney disait « le bonheur c’est un état d’esprit ! » Vous en êtes où sur une échelle de 1 à 10 (visualisez votre objectif) ? C’est quoi le bonheur pour vous au travail ? Qu’est-ce qui vous rend heureux vous et avec votre équipe (soyez concret : reprenez les dimensions de la motivation et notez vos exemples, pensez à votre équilibre vie pro/vie perso, à votre niveau de satisfaction par rapport aux résultats que vous produisez, à la qualité des relations que vous entretenez …) ? A quoi ressemblerait votre « happy-plan » (que vous devez traiter comme un plan « classique » : étapes, ressources…) ?

Ca continue avec l’équipe (plusieurs pistes) :

– Utiliser la période de reprise ET les objectifs de l’équipe pour proposer d’imaginer ensemble de prendre plus de plaisir au travail.

– Chacun a sa définition du plaisir/bonheur/joie au travail (la démarche que vous vous êtes appliquée est valable pour chacun des collaborateurs).

– Partagez ces visions, identifiez les points de convergence et les éléments spécifiques. Combinez avec la question suivante « l’équipe a-t-elle déjà connu un moment de « flow », lequel ? » Capitalisez sur ce moment de déviance positive :-) ? Comment reproduire les conditions et les amplifier ?

– Utilisez la matrice des polarités pour réélargir le champ de réflexion tous ensemble. L’outil permet de développer des solutions créatives autour de dimensions a priori incompatibles et opposées « Comment être plus heureux au travail ET travailler mieux ». Cette approche vous permet de « cadrer » l’intention tout en laissant l’équipe proposer ses solutions et la mise en oeuvre.

– Etablissez le Happy Plan de l’équipe de façon également très structurée (et ré-évaluez-le à chaque nouvelle réunion pour en faire une priorité).

Ensuite ou en parallèle, vous ne pouvez faire l’impasse sur la formation aux pratiques et postures favorables à ce climat positif et génératif : savoir faire preuve d’humour sans être blessant, savoir célébrer les succès, faire un feedback pour aider une autre personne à progresser (ou feedforward) et non l’enfoncer.

Personnellement, j’aime travailler autour des 8 vitamines de la coopération de Ben Furman car elles permettent d’investiguer rapidement et de façon expérientielle les 8 ingrédients-clés (4 “vitamines” et 4 “antibiotiques”) pour créer les conditions favorables à la coopération, aux relations positives et constructives et à l’innovation.

Les 4 « vitamines » :

  1. L’appréciation : Comment apprendre à être appréciatif dans ses jugements et guider les autres pour le devenir.
  2. L’attention : Comment faire en sorte que chacun se sente considéré en tant qu’individu.
  3. L’humour : Comment faire preuve d’humourà bon escient et mettre plus d’humour au travail.
  4. Le succès : Comment faire en sorte que le succès soit remarqué et partagé.

Les 4 « antibiotiques » pour lutter contre les 4 maux qui peuvent affecter le climat d’une équipe :

  1. Les critiques : Comment faire et répondre à une critique de façon constructive.
  2. Les problèmes : Comment éviter les “blamestorming” (ou l’art de rejeter la faute sur les autres) et mener les conversations de façon constructive.
  3. Les revers (ou échecs) : Comment répondre de façon constructive à un revers/échec et surmonter les adversités.
  4. Les offenses : Comment résoudre rapidement et efficacement les offenses, les sentiments d’avoir été blessé.

8 vitamines de la coopération

 

Et puis bien sûr il existe différents outils ou plateformes pour remettre du fun dans le travail, essayez par exemple OfficeVibe qui lance des petits défis par semaine. C’est en anglais mais testez le principe, vous verrez comment remettre de la convivialité, de l’humour peut être simple !

 

En conclusion et en chanson « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux…? »

Pour en savoir plus, demandez le programme !

Marianne Dekeyser

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