Comment mesurer l’innovation…en 2008 ?

L’étude de Booz & Allen présentée hier dans ce blog a le mérite de mettre en lumière 3 points :

1/ Si depuis plus de 30 ans, l’évaluation de l’innovation se réduisait aux investissements en R&D, voire au ratio investissements/ventes ou profits supplémentaires générés, cela n’est plus le cas. La notion de « cohérence » apparaît noir sur blanc dans une étude internationale.

On pourra néanmoins regretter que le cabinet n’ait pas mis un peu plus en exergue son corollaire : le pragmatisme. Si Toyota arrive dans le Top 20 des entreprises innovantes, l’entreprise aurait mérité un coup de chapeau un peu plus étayé sur ces deux aspects-là.

2/ Néanmoins, on reste un peu sur sa faim quant aux critères d’évaluation de l’innovation et pour cause. Ce qui manque dans l’analyse du cabinet B&A, c’est la constatation suivante : la réalité de l’innovation a changé depuis 2000 et les « critères classiques de mesure » ne sont plus adaptés.

En effet, d’éléments tangibles (investissements, brevêts déposés, temps de développement, ventes chiffrées etc…), ils doivent désormais cerner l’intangible : techniques de management, appartenance à des réseaux, gestion des connaissances, process, image de marque, conditions favorisant l’innovation.

Sur ces évolutions, l’étude menée par le BCG « Measuring Innovation 2006 » apparaît plus réaliste et plus opérationnelle :

En effet, la plupart des entreprises interrogées n’ont pas une méthodologie très établie concernant la mesure et se focalise (à 63%) sur les critères classiques cités ci-dessus qui sont exclusivement orientés résultats visibles ou tangibles.

Le motto du BCG consiste à dire « aligner vos critères d’évaluation sur votre stratégie d’innovation ». Pour ce faire, le cabinet propose donc de mesurer non seulement le résultat mais aussi la partie amont de la chaîne : les actions mises en oeuvre (nombre d’idées générées, personnes impliquées, compétences déployées…) et le développement des projets (process, nombre d’idées qui passe de l’idée au process…).

3/ Le problème général avec les critères de mesure, c’est que d’un côté vous avez la lettre et de l’autre l’esprit. Si la lettre pêche aujourd »hui par manque d’adaptation, l’esprit nécessite quelques révisions (ah cohérence !). Pourquoi ? Simplement parce la notion de critères reste liée à la sanction : « on n’a pas été assez innovants parce qu’on n’a pas mis assez de budget en R&D etc…).

Une autre approche plus cohérente et pragmatique consisterait peut être à penser ces critères comme des variables d’amélioration et de stimulation.

Allez soyons concrets ! et un petit exemple simple pour se donner des idées (en cliquant à droite).
En conclusion, on peut se demander s’il ne faut pas arrêter de parler d’innovation et de dire tout simplement « et si on faisait mieux ? »

Pour les entreprises, de toute taille, qui souhaitent s’évaluer, il n’ y a qu’un clic puisque Wharton avec Wipro technology lance également son étude sur l’innovation. Survey Link : http://knowledge.wharton.upenn.edu/weblink/358.cfm

Marianne Dekeyser

1 Commentaire

  1. Mickael Guillois 29 novembre 2007 Répondre

    Tout à fait d’accord avec ton analyse. Merci pour l’étude.

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