De l’Art mobile à l’usine mobile ?

Depuis janvier 2008, la marque Chanel offre à son mythique sac, le « 2.55 », un bâtiment itinérant qui va de capitale en capitale (Le Monde de ce week-end). 

La « chose » que vous pouvez visualiser à gauche n’est autre que la structure architecturale démontable imaginée par l’architecte Zaha Hadid pour la marque Chanel.

Ce projet a beaucoup fait parler de lui depuis la présentation de sa maquette lors de la dernière Biennale de venise.
S’agissait-il d’un musée itinérant, d’une nouvelle forme de publicité, d’un objet de mode porté à son paroxysme, de métamode en quelque sorte ?

On pourrait continuer à s’interroger, mais ce qui m’intéresse dans ce projet c’est le lien avec l’un des signaux faibles détectés par Georges Stalk dans son dernier livre « 5 strategies you need right now« .

En effet, l’auteur nous démontre que, face à l’incertitude croissante et au ryhtme accéléré des marché, l’approche des économies d’échelle passera par le nouveau concept d’usine jetable.

L’usine jetable, ce n’est pas tout à fait l’usine mobile mais il est fort probable que ces deux concepts éphémères s’ajustent en fonction des situations et commencent à intégrer les cercles de réflexion managériaux.

Dans l’idée de Stalk, l’usine jetable s’inspire du modèle des « laboratoires de cocaïne » dans la jungle, prêts à être démontés et emportés à tout moment et réalisés de façon très sommaire. Il cite également différents projets déjà existants en Chine, Inde, Brésil etc…

L’avantage de l’usine jetable, toujours selon l’auteur, tient à l’élimination des risques et des coûts liés à tout développement de nouveau produit. En effet, ce bâtiment sommaire permet de fabriquer selon la demande réelle et non en fonction de prévisions de plus en plus difficiles à réaliser.

En résumé, vous limitez ainsi les risques liés aux investissements lourds de fabrication et au coûts de stockage.

Stalk en convient lui-même « l’usine jetable » est un concept ‘cru » et difficile à accepter au regard de nos législations, des garanties de qualité de fabrication exigées, du type de produit fabriqué. Et d’usine jetable, on ne peut s’empêcher de penser à « salariés jetables » (sujet que Stalk n’aborde pas).

Pourtant, à regarder les « boutiques éphémères » déjà très en vogue, ces structures architecturales mobiles, on peut imaginer que l’usine jetable n’est (malheureusement ?) pas si loin sur le papier.

Après, il reste le cheminement des esprits : comment ne plus penser les économies d’échelle en termes d’optimisation de surface mais d’adaptabilité à la surface et quels travailleurs éphémères, comment les valoriser dans un concept a priori hostile ?

Marianne Dekeyser

4 Commentaires

  1. celestin 10 avril 2008 Répondre

    Allons plus loin et proposons la production sans lieu de production. Les techniques évoluant, on peut penser que d’ici quelques temps on produira chez de client final grâce à des micro unités de prod comme le sont déjà les imprimantes quadri qui peuvent sortir tous nos imprimés édition ou presse et grâce à la stéréo-lithographie pour réaliser les objets nécessaires ou superflus.

  2. Bien sûr ! De l’autre côté se développe le MIK (Make It Yourself) et l’opportunité pour tout un chacun de donner rapidement vie à une idée de produit…chez lui.
    Voir le site Desktop Factory 3D :http://www.desktopfactory.com/

    Merci pour votre commentaire et à bientôt

  3. Claire Romanet 11 avril 2008 Répondre

    Question cruciale sur une nouvelle forme d’emploi demain.
    Marianne, bravo pour votre blog. J’ai relayé votre idée sur Elaee car nous avions déjà parlé du Mobile art dans un billet sur les futures archi de demain.
    A bientôt…

  4. Merci pour vos encouragements Claire, je vous suis également de près !
    A bientôt

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