Du diamant à base de Téquila

L’histoire des 3 chercheurs mexicains ayant réussi à transformer la boisson nationale, la tequila, en diamants…synthétiques a rapidement fait le tour du net et de la presse.

Canular dû aux vapeurs d’alcool ? L’innovation a étonné et fait sourire ; si nos 3 mexicains n’avaient pas été des éminents scientifiques de l’Université Autonome de Mexico, personne n’y aurait vraiment crû.

Mais qu’en est-il exactement de cette découverte ?
  1. L’innovation : Les checheurs ont découvert que la vapeur chaude de tequila blanche, quand elle est déposée sur une base d’acier inoxydable, peut former un film de diamant.
  2. Son intérêt : Cette technique est intéressante à plus d’un titre car elle devrait permettre de recouvrir d’un film de nano diamants protecteurs bon nombre d’objets ou de dispositifs électroniques. Les nano diamants dispersés sur les surfaces de pièces métalliques, les rendent en effet plus solides et résistants à l’usure (résistance thermique et mécanique).
    Cette poudre synthétique de diamant pourrait donc se substituer au silicone dans les puces électroniques du futur par exemple ou des isolants électriques.
  3. La génèse : Ils ont commencé leurs expériences il y a 13 ans avec des diamants de synthèse, diamants réalisés par un procédé technologique contrairement aux diamants naturels, issus d’un processus géologique. En 1995, l’obtention de film de diamants à partir de méthane (gaz) est avéré.

    En essayant successivement des solutions aqueuses de méthanol, d’éthanol ou d’acétone, d’abord vaporisées, puis portées à haute température pour briser les molécules à base de carbone, d’oxygène et d’hydrogène, ils ont observé qu’un mélange de 40 % d’éthanol et de 60 % d’eau était idéal pour l’obtention de films de diamants de haute qualité. mêmes conditions d’expérience que pour un test avec éthanol et eau et j’ai obtenu des résultats positifs ».

    Or, cette proportion est très similaire à celle que l’on retrouve dans la tequila… Se pouvait-il que le même processus de synthèse soit opérationnel avec, par exemple, de la tequila blanche ?

    « Un jour j’ai acheté une bouteille de tequila bon marché à la boutique du campus. Je l’ai utilisée dans les mêmes conditions d’expérience qu’avec le mélange d’éthanol et d’eau, et les résultats ont été positifs », raconte M. Apatiga (l’un des chercheurs).

Ils recherchent actuellement un producteur de tequila qui serait intéressé à financer ces applications afin d’élargir les débouchés de sa production.

La découverte des nano-diamants à base de Téquila nous renvoie à la démarche classique de l’innovation :
  • La concentration sur un sujet
  • L’observation
  • L’apprentissage via de multiples tests et itérations
  • Le questionnement : et si ? l’analogie, la substitution…
  • Le doute émis par ceux qui entendent l’idée
  • La recherche rapide d’une viabilité commerciale (compétitivité de la solution et débouchés).

Et surtout l’humour, l’humilité et le recul de ces 3 chercheurs !

Personnellement, je trouve qu’il s’agit d’une belle histoire pour commencer la semaine…sans modération !

Sources :
NewScientist
– juin 2008
Physorg – novembre 2008
Pour voir le détail des recherches, c’est
ici.

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