Innovation, ouvre-toi !

Une nouvelle étude sur l’innovation (à télécharger), réalisée par l’Université de Cambridge, vient de paraître après deux ans de recherches.

J’avais cité, il y a quasiment un an, celle qui avait été menée par l’OCDE « Open Innovation in Global Networks« .

La différence entre ces deux études tient au « quoi » et au « comment ». Signe, s’il était nécessaire de le dire, que l’innovation « ouverte » n’est pas une mode mais une nécessité : rares sont les ressources en interne quand de nouvelles opportunités de développement apparaissent ou pour les anticiper.

Quand l’OCDE s’appliquait à poser les définitions et une approche intégrée de l’innovation ouverte, l’Université de Cambridge s’est plus intéressée aux leviers à prendre en compte pour faire évoluer une organisation vers ce nouveau modèle d’innovation.

« L’innovation ouverte est une stratégie qui consiste, pour une entreprise, à aller chercher à l’extérieur de nouvelles connaissances et savoir-faire pour accroître sa propre capacité à innover ».

De fait, l’étude apporte une vision très exhaustive des moyens et méthodes pour mettre en oeuvre une stratégie d’innovation ouverte (comment construire une culture d’innovation ouverte, quelles procédures, quels savoir-faires promouvoir, comment motiver les employés…). L’étude fournit de nombreux exemples concrets issus de différentes industries. Je cite l’exemple de Kodak parmi une dizaine d’autres.

L’analogie entre la mise en place d’une nouvelle stratégie d’innovation et/ou culture innovation au sein d’une entreprise et l’innovation ouverte est évidente. Dans les deux cas, cela induit un changement et une transformation organisationnelle.

Qui dit « nouvelles façons de faire », questionne sur « quelles compétences détecter ou développer en interne ». C’est l’un des chapîtres les plus intéressants à mon sens (même si l’ensemble mérite vraiment une lecture approfondie).

En effet, au syndrome du « nouveau » qui nécessite un accompagnement au changement dans les entreprises, s’ajoute le syndrome du « pas inventé ici » (« Not Invented Here » chez les anglo-saxons). Zapper une fois de plus cet élément psychologique constituerait une grosse erreur de mise en oeuvre.

Quelques éclairages RH pour vous donner envie d’aller plus loin. Les auteurs ont ainsi défini 4 compétences nécessaires :

  1. Les compétences introspectives : capacité à évaluer en interne les « manques » et opportunités de développement.
  2. Les compétences extrospectives : capacité à scanner des partenaires potentiels externes et saisir de nouvelles opportunités, capacité à écouter des points externes (et pas nécessairement en ligne avec la pensée dominante interne).
  3. Les compétences interpersonnelles : capacité à communiquer à la fois avec l’interne et l’externe.
  4. Les compétences techniques : à savoir toutes les compétences scientifiques, marketing, commerciales, management … qui vont soutenir les trois précédentes compétences.
En complément, les auteurs de l’étude croisent ces profils avec le modèle WFGM (Want, Find, Get, Manage) développé par Strategic Alliance et désormais utilisé par la plupart des structures « ouvertes ».
  • Want = Définir ce que nous cherchons et comment nous pouvons innover
  • Find = Trouver des partenaires et les comprendre
  • Get = Négocier l’accord avec le partenaire externe
  • Manage = Suivre et gérer la relation tout au long de la collaboration
Ce qui donne le tableau suivant des compétences (clic sur l’image pour zoomer), selon chaque étape du processus.

Dernière raison pour lire cette étude ? Une façon simple d’élargir son point de vue : la co-création n’est pas uniquement bidirectionnelle, entre les clients et l’entreprise!

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