La "surfeur attitude" pour dépasser la complexité ?

Comment construire et penser le monde de demain ? La réponse tient dans le dernier livre de Joël de Rosnay « surfer la vie« .

J’avoue avoir été attirée par le livre pour une raison bien simple, l’auteur bien sûr mais surtout le titre : je suis formée au solutionsurf coaching ou l’art de surfer sur les solutions pour accompagner une personne ou une équipe à trouver de nouvelles solutions. 

Cette méthode est (apparemment) simple, puissante et directement inspirée du surf.
Le surfeur, plutôt que de braver la mer, l’utilise de façon élégante et efficace. En coaching, il s’agit d’utiliser ce qui est là (les forces), d’identifier votre position (où vous en êtes), où vous souhaitez aller idéalement (votre objectif), enfin de visualiser les étapes de progrès.
Cette technique appliquée à la réflexion innovation avec des équipes dédiées permet d’envisager les solutions idéales et apparemment improbables plutôt que de partir d’une réalité-marché-qui-peut-rigidifier !

Le coaching-qui-surfe-sur les solutions repose sur les travaux de Milton Erickson dont le premier principe est de s’intéresser au succès du client face à ses problèmes. Les forces du client, ses ressources, ainsi que ses compétences sont valorisées, plutôt que ses manques et ses incapacités. Savoir utiliser les ressources des clients, leur savoir-faire, leurs connaissances, leurs croyances, leurs motivations. Cette approche a été reprise et amplifiée par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg du Centre de Thérapie Familiale Brève de Milwaukee dans les années 80 puis par Peter Szabó et Daniel Meier.
Steve de Shazer et Insoo Kim Berg  découvrent un peu par hasard que les solutions durables développées par leurs clients pour sortir de leur problème n’a rien à voir avec les raisons du problème de départ.
Les deux thérapeutes découvrent également que les causes du problème évoluent en fonction de l’étape d’accompagnement. Chaque étape de l’accompagnement révèle une « nouvelle » cause, tout aussi valable que les autres.

Le coaching-qui-surfe-sur les solutions (et vers les solutions) se focalise sur les ressources plutôt que sur les problèmes.  C’est l’invitation de Joël de Rosnay dans « Surfer la vie » où il utilise le Surf comme métaphore pour mieux appréhender la complexité d’aujourd’hui, les rapports de flux plutôt que de force et pour développer des postures positives pour mieux coopérer et vivre ensemble :

Pour illustrer l’importance des rapports de flux et l’émergence d’une société fluide, je propose un modèle proche de notre vie. Il se fonde sur cet « éco-sport » bien connu qu’est le surf. Le surf est plus qu’un sport, c’est un mode de vie, un mode de fonctionnement en société.

Cette métaphore largement utilisée symbolise l’entrée dans l’ère de la fluidité.

Le surfeur tire avantage et plaisir d’un équilibre dynamique entre des flux, dans une fluidité continue du parcours et des mouvements. La vague représente un premier flux, qui roule et se déplace vers la plage. Le surf est en effet l’un des seuls sports qui se pratique sur un terrain mouvant. L’eau sur laquelle se tient le surfeur se tient debout se déforme, se brise, roule, se reforme…Le parapente, avec la montée et le maintien dans des courants ascendants, est peut-être le meilleur autre exemple d’un sport en mouvement dans le mouvement. Sur la vague, la trajectoire presque parallèle, que maintient le surfeur pour accroître sa vitesse, représente un deuxième flux. Le troisième, c’est la dynamique de la position du surfeur sur sa planche : trop en avant, la planche pique, trop en arrière, il perd la vague. Son adaptation à la glisse de sa planche crée donc une série de mouvements de positionnements continus qui se matérialisent comme un flux contrôlé dans le temps et dans l’espace. 

Triple flux, triple glisse. Si l’on manque un mouvement, si le flux se ralentit, on s’arrête, on perd la vague […]. Pour s’adapter à ce triple flux, le surfeur a besoin en temps réel d’informations multiples, ainsi que d’une appréciation du temps, de la durée et des modifications de son environnement.

C’est là que la contextualisation dans des rapports de flux en temps réel se révèle importante. Comment vont réagir les autres ?Comment l’environnement a-t-il se modifier ?Quels effets pervers peuvent en résulter ? Comment les anticiper ou les utiliser à bon escient ? De telles informations permettent d’exploiter des forces existantes pour s’en servir intelligemment avec elles ou contre elles.

Le livre comporte quelques passages un peu « déjà vus » notamment sur la NetGen et la métaphore est parfois un peut trop filée avec les 3 exemples de scientifiques-surfeurs, en revanche les parties sur l’avenir des réseaux sociaux, sur le Maker Mouvement (relire le billet J comme Jugaad ou l’art de l’innovation-débrouille en complément), sur le management par catalyse et les 7 règles pour surfer harmonieusement sont incontournables pour se rafraîchir les idées !

Marianne Dekeyser

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