Le mécénat innovation

Depuis toujours, on savait la Science inspirée par la Nature. Désormais, le Laboratoire, nouveau lieu parisien, nous prouve les liens étroits entre la Science et l’Art. 
David Edwards, professeur de biologie à Harvard (Massachusetts) et directeur du lieu, présentait ce week-end au Monde les fondements et l’originalité de sa démarche : Je me suis aperçu que les chercheurs, aussi concentrés soient-ils sur leur idée, devaient toujours franchir une barrière culturelle pour innover, et que cela passait souvent par l’étude d’une discipline artistique.

L’histoire des arts comme celle des sciences sont remplies de tels apports. Don Ingber doit son succès en biologie cellulaire aux cours de design qu’il a pris à Yale ; Diana Dabby n’a pu concevoir sa musique, basée sur la théorie du chaos, qu’après une thèse en électricité. Plus modestement : sans moi, Mathieu Lehanneur aurait échoué, car les brevets sur lesquels il voulait travailler n’étaient pas opératoires. Sans lui, je n’aurais jamais eu l’idée d’utiliser des plantes pour purifier l’air.
 

Dans tous ces cas, c’est la rencontre des deux mondes qui a permis l’innovation. C’est la raison d’être du Laboratoire. 

Les modalités de fonctionnement sont pour le moment très pragmatiques comme l’explique David Edwards : Nous choisissons un artiste qui, pour réaliser son rêve, a besoin des sciences. Nous le mettons en contact avec un scientifique de très haut niveau. Ils formulent une hypothèse. Si elle est fructueuse, nous exposons. Pas seulement le résultat, mais le processus… tels le travail du plasticien Fabrice Hyber sur les cellules souches, l’épurateur d’air du designer Mathieu Lehanneur ou les photos de James Nachtwey sur les grandes maladies infectieuses. 

L’originalité de la démarche tient aussi au financement du projet. C’est David Edwards lui-même qui a investi 6 millions d’euros sur ses fonds propres : locaux et budget de fonctionnement de la première année, espérant qu’ensuite mécénat, billetterie et éventuels dépôts de brevets sur les innovations mises au point au Laboratoire permettront de maintenir la dynamique…innovante du Laboratoire. 

Et pour un petit tour du monde en 2 clics des autres Laboratoires du même type :

Si la visite virtuelle de ces galeries vous a donné des envies de curiosité, quelques petits clics supplémentaires vous feront visiter des espaces dédiés à la présentation d’innovations…plus concrètes ou bizarres (selon votre état d’esprit du jour) :

Marianne Dekeyser

2 Commentaires

  1. RMS (http://toutpourlemanagement.blogspot.com/) 3 décembre 2007 Répondre

    Je crois qu’il y a deux manières de voir cela :

    1. Une approche fermée qui montre la nécessité de passerelles entre des disciplines variées
    2. Une approche ouverte, holistique même, qui défend l’idée d’une imbrication générale des disciplines entre elles

    J’opte plutôt pour la seconde et, dès lors, rien d’étonnant à la démarche de David Edwards…ou plutôt si : ce qui est étonnat c’est que tous les chercheurs n’opèrent pas ainsi !

    http://toutpourlemanagement.blogspot.com/

  2. N’est-ce pas le propre d’une bonne idée : son évidence. Se demander pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt ou pourquoi tout le monde n’a pas déjà adopté l’idée ?

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