Le monde est-il plat ?

Pankaj Ghemawat, un expert de la stratégie globale, vient de lancer un nouveau pavé dans la marre avec son dernier livre : « la terre n’est pas plate ou comment dépasser les frontières dans un monde où les différences comptent ».

Ce livre vient nuancer les propos de Thomas Friedman et son analyse de la mondialisation dans « La terre est plate : une brève histoire du XXIème siècle » . L’économiste y démontrait en effet comment certains événements majeurs (de la chute du mur de Berlin à la montée d’internet) avait fait converger les marchés et nivelé le champ de bataille concurrentiel mondial avec pour résultat plus de mondialisation et moins de pouvoir des états.

En fait, la terre serait semi-plate (ou semi mondialisée) comme l’explique Ghemawat au HBS Working Knowledge. Les stratégies mondiales les plus puissantes seraient celles qui reposeraient sur une vision mondiale mais pragmatique (« pensez global, agissez local »), c’est-à-dire qui sauraient tenir compte des similitudes mais aussi des différences.

Sa méthodologie pour réussir s’appelle les « 3A » : Adaptation / Aggregation (combiner) / Arbitrage (investissement).

Pour illustrer son propos, il cite notamment l’exemple de Toyota. Le constructeur incarnerait l’exemple-type des 3A : la marque japonaise se serait développée mondialement de façon pragmatique et modeste en s’adaptant aux particularités locales tout en déployant ses propres méthodes et process.

De même, il explique que Wall-Mart a réussi à exporter son concept dans des pays aux cultures proches de la culture américaine (Canada, Grande-Bretagne, Mexique) et comment il doit penser différemment son approche du marché indien par exemple. Pour pénétrer ce marché, Wall Mart ne peut imposer son concept tel quel car il ne correspond pas aux caractéristiques du pays. En revanche, il s’est associé à un partenaire indien et n’interviendra que comme fournisseur-gestionnaire pour celui-ci.

Plus proche de notre quotidien, les entreprises comprennent aujourd’hui toute la valeur ajoutée de la différence en tenant compte des diversités au sein-même de leurs murs. Ainsi Dell met-il en place une direction diversité comme véritable avantage concurrentiel car 50 % des clients Dell sont…des femmes.

Futuribles publie également un excellent article dans son numéro d’octobre sur « les femmes, moteur de changement ». Selon Amie Battle (l’auteur) « ce n’est pas la féminisation en tant que telle mais la mixité des approches qui peut renouveler un modèle masculin qui a fait ses preuves certes, mais aussi sont temps ».

Ne nous trompons pas de sujet ! La diversité ne recouvre pas que les femmes, mais, p

lus largement, les talents individuels. Ceux-ci apparaissent désormais comme de vraies valeurs ajoutées qui doivent être exploités (dans le bon sens du terme!) et développés.

Pour faire un pas encore plus en avant, c’est ce que vient de faire Procter & Gamble en mettant en place un projet d’entreprise appelé « Global Innoversity Strategy » (Stratégie globale d’innoversité : innovation-diversité).

Eh oui, la diversité c’est une richesse, un moteur de changement, d’idées…et d’innovation !

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