Les 10 entrepreneurs sociaux innovants en 2008

« La crise actuelle rend plus nécessaire que jamais l’invention de nouveaux modèles pour résoudre les problèmes sociaux et environnementaux« , estime Arnaud Mourot, Directeur d’Ashoka pour la France, la Belgique et la Suisse.

Le 9 octobre dernier l’association Ashoka, qui soutient et aide les entrepreneurs sociaux innovants récompensait, pour la 3ème année consécutive, les 10 plus innovants d’entre eux.

Leur particularité ? Il s’agit de personnes qui mettent leurs qualités entrepreneuriales au service de projets novateurs capables, en se développant, de résoudre des problèmes majeurs de la société.

Découvrons ci-dessous les heureux élus :

  • Jérôme Deconinck – Terre de Liens (France) : Sauvegarder une agriculture à taille humaine et écologique pour redynamiser les zones rurales.
  • Allaoui Guenni – Emergence (France) : Conjuguer sport, insertion professionnelle et médiation sociale pour désenclaver les habitants des « quartiers ».
  • Simon Houriez – Signes de Sens (France) : Donner aux sourds des outils pour accéder à la culture et à la connaissance, et briser préjugés et barrières.
  • François Marty – Chênelet (France) : Un habitat social écologique, valorisant pour les populations à bas revenus.
  • Didier Ketels – Droits Quotidiens (Belgique) : Permettre aux personnes fragilisées et exclues de connaître et faire valoir leurs droits .
  • Ignace Schops – Regionaal Landschap Kempen en Maasland (RLKM) (Belgique) : L’investissement public et privé pour protéger les espaces naturels, selon un modèle de développement concerté.
Les quatre autres ont été sélectionnés en référence à leur développement déjà important et au rôle « d’inspirateurs » qu’ils peuvent jouer au sein du réseau Ashoka :
  • Jean-Marc Borello – Groupe SOS (France) : Il démontre l’utilité voire la nécessité d’une consolidation/professionnalisation du secteur associatif.
  • Jean-Guy Henkel – Réseau Cocagne (France) : Dans toute la France, des Jardins maraîchers biologiques permettent la réinsertion de personnes en très grande difficulté.
  • Christine Theodoloz Walker – Intégration pour Tous (Suisse) : Un modèle révolutionnaire permettant aux personnes atteintes de problèmes de santé de (re)trouver durablement un emploi.
  • Reza Deghati – Aina (France – Afghanistan) : Reconstruire la société civile dans les pays sortant de conflits, en développant avec les habitants des médias indépendants et éducatifs.


Le problème avec la dénomination « entrepreneuriat social », c’est que les bons vieux clichés se mettent en place : on imagine un « DG » idéaliste, prêt à sauver le monde et travaillant gratuitement (« but non lucratif ») . En résumé : un entrepreneur social ne peut être un vrai entrepreneur.

Selon le baromètre de l’entrepreneuriat social en France récemment réalisé par Opinion Way pour Ashoka, un mouvement commence à s’amorcer puisque s’ils sont « aujourd’hui majoritairement en statut d’association à but non lucratif, 4 sur 10 ont déjà pensé à changer de statut, pour des raisons assez claires : faciliter la collecte de fonds privés, se mettre en correspondance avec des activités ‘marchandes’, affirmer l’engagement démocratique. Par ailleurs, ils manquent de beaucoup de choses, principalement de moyens financiers et d’un accompagnement adéquat des pouvoirs publics et des entreprises.« 

L’heure de la grande convergence a également sonné pour l’innovation sociale : où le « non lucratif » doit passer à un statut « lucratif » et inversement où les entreprises classiques doivent intégrer cette nouvelle donne. (Voir le billet déjà paru « quand le non-marchand et le marchand convergent« ).

De façon plus générale, la terminologie utilisée brouille les pistes : l’innovation doit être responsable et ce sera ainsi qu’elle démontrera sa vraie valeur ajoutée. Une innovation responsable, c’est celle qui intégrera toutes les dimensions de réflexion, à savoir : business, scientifique, design et impact social au sens large. L’impact social n’est plus la « cerise sur le gâteau » pour faire joli mais une vraie dimension de fond.

La notion d’innovation responsable recèle une variété de démarches : comme ces entreprises tout à fait « normales » qui évoluent déjà dans la sphère d’innovation…à haute technologie responsable : Sios, Projet Enabled ….et d’autres comme British Telecoms,

ici, qui explique pourquoi la responsabilité sociale d’une entreprise n’est pas antinomique avec la rentabilité.

Tout comme le modèle économique du « gratuit’ a bouleversé les repères économiques des entreprises et les a obligées à repenser leur business modèle, tout en ébranlant la notion de « valeur marchande » ; celui du « social » suit la même voie inexorable : quel nouveau business modèle ? quelle nouvelle valeur d’échange ?

Quelques liens pour en savoir plus sur « innovation sociale et le changement durable » :


Change Makers
University Network for social entrepreneurship
Stanford Social innovation Review
Next Billion
IMS Entreprendre pour la Cité

Si vous souhaitez compléter cette liste, n’hésitez pas à nous faire partager vos sources !

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