L’innovation a changé…et vous ?

L’équipe européenne FORA, une équipe de recherche danoise qui nourrit les réflexions de l’OCDE en matière de stratégie d’innovation, publie un point sur « les 9 visages de l’innovation« .

En résumé, l’étude offre une lecture simple et claire du passé et du futur.
Pour les plus aguerris, la synthèse servira de mémo. Néanmoins l’analyse sur les politiques déjà mise en oeuvre pour faciliter l’innovation reste recommandée. Pour les autres, l’étude constituera une bonne grille de lecture.

En très résumé, auparavant, les entreprises basaient leurs stratégies d’innovation sur leurs services R&D, en utilisant des ressources internes, et en fonction des stratégies déployées par leurs concurrents. Au marketing de vendre et différencier l’offre (méthode « push »).

Aujourd’hui et demain, l’approche sera plus ouverte pour apprendre de ses clients, plus collaborative pour nouer de nouvelles relations avec d’autres parties prenantes, plus responsable et ce, afin  de maintenir sa place dans un écosystème toujours plus complexe et mouvant. La démarche nécessitera tout le subtile dosage nécessaire à l’exécution des recettes de grands chefs.

Les technologies et la mondialisation ont accéléré la mutation et repositionné le rôle de l’innovation technologique non plus comme le moteur innovation mais comme un catalyseur de nouvelles opportunités.

9 principes (tendances) innovation ressortent de cette étude et sont systématiquement accompagnés d’exemples détaillés (à noter que les exemples sont plutôt internationaux, et issus de l’Europe du Nord…et pas toujours « ultra frais » mais pertinents).

Thème : Co-créer la valeur avec ses clients et utiliser le savoir de ses utilisateurs:

(la dissociation entre création de valeur et implication des clients dans le processus innovation ne me semble pas vraiment pertinente mais cela permet aux auteurs de classer les exemples. De façon générique, une entreprise cherche à co-créer de la valeur en impliquant plus ou moins ses clients ou parties prenantes dans le processus et/ou en dirigeant plus ou moins la réflexion).

Principe innovation 1 : Co-créer la valeur avec ses clients ou développer une nouvelle « relation » clients, un nouveau business modèle.

Principe innovation 2: Impliquer les clients dans le processus innovation ou

comment développer de nouvelles interactions avec ses clients pour imaginer un concept, améliorer un produit ou service.
Les cas cités présentent la palette de solutions possibles : ethnographie, lead-users, système de management d’idées internes, recentrage sur l’usage clients…

Thème : Réseaux collaboratifs et sourcing illimité de connaissances

Principe innovation 3 : Accéder et combiner un savoir sans frontière ou comment sourcer l’information, les talents en illimité.

Principe innovation 4 : Former des réseaux et partenariats collaboratifs (avec d’autres entreprises, des universités, des centres de Recherche…).

Principe innovation 5 : Soutenir la dynamique entre les grandes entreprises et les entrepreneur et l’esprit entrepreneurial.Par exemple avec la création d’incubateurs, de compétitions internes.

Thème : Des enjeux globaux comme aiguillon de l’innovation

Principe innovation 6 : Les enjeux environnementaux inspirent l’innovation.
Par exemple IBM et son projet Green IT, Better Place et son offre de voitures propres.

Principe innovation 7 : Les besoins dans les pays émergents, nouvel eldorado pour se développer et réapprendre à innover.

Exemples : la démarche Nokia, Google India, Electrogramme GE (déjà cité sur ce blog).

Thème : Les services publics, source d’innovation

Principe innovation 8 : Le rapprochement public-privé

pour développer de nouveaux services pour les citoyens.

Thème : Le nouveau rôle de la technologie

Principe innovation 9: Le rôle de la technologie comme « catalyseur d’opportunités ».

A partir des principes identifiés, le rapport met en lumière 3 axes à investiguer avec quelques projets menés par les pouvoirs publics :

  1. Créer de nouvelles connaissances comme l’initiative anglaise du DIUS.
  2. Développer des réglementations intelligentes comme la mise au norme de l’habitat pour réduire les émissions de CO2 et les dépenses énergétiques en Allemagne (vitrage, chauffage…) avec des primes pour favoriser les éco-comportements.
  3. Une demande en matière d’approvisionnement et d’achats plus intelligente également en favorisant de nouveau « hubs » qui réfléchissent et agissent.
Quelle est la différence entre cette étude et celle déjà produite par l’OCDE en mai dernier « The OCDE Innovation strategy » ? Les résultats restent congruents.
L’étude de l’OCDE apportait également des chiffres et s’engageait à catalyser les savoirs, à ouvrir sa réflexion autour de l’innovation et à soutenir et encourager les politiques publiques en faveur de l’innovation.

Les prochains pas ? A suivre sur le site de l’OCDE

    0 Commentaire

    Laissez une réponse

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    *

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>