Lost in (innovation) translation

En innovation, il y a trois camps : les « stars », les morts annoncées et les (déjà) « oubliés ». L’été a distillé ces annonces d’entreprises hier élevées au pinacle et aujourd’hui « déchues », telles Kodak en faillite qui se relance sur l’imagerie professionnelle, Blackberry et la cession de ses activités, Nokia et la vente de ses activités mobiles à Microsoft etc…

Dans les trois cas, cas ex-géants ont bien l’intention de renaître de leur cendres, comme le démontre notamment le message d’annonce sur le site Kodak qui traduit le renouveau stratégique de l’entreprise :

 Il n’y a pas de fatalité en innovation même si nous sommes forts en exégèses des échecs et erreurs d’entreprises (celles qui se sont perdues dans la traduction d’une innovation à venir en manquant un virage technologique, une cible ou une tendance-clé…). Nous préférons tous les inspirations positives d’organisations qui réussissent et les benchmarks de bonnes pratiques.

Les échecs peuvent-ils néanmoins être brillants ? Je veux dire, peuvent-ils nous servir aussi d’inspiration positive et nous aider à mieux innover ? Comment changer de regard sur ce « gros mot » de l’entreprise et comment exploiter l’erreur plus créativement ?
Il ne s’agit donc pas de chercher les coupables mais de répondre à la question « comment rendre l’erreur utile ? » car l’erreur qui tue c’est celle qui n’a pas été utile !

Tel est l’objectif notamment de l’Institut néerlandais des Brillants Echecs : rappeler que nombre d’innovations sont nées d’erreurs, de découvertes dont l’usage était bien différent de celui initialement prévu (Pasteur et le vaccin contre le choléra, Fleming et la Penicilline…). L’Institut détaille en dix rubriques ces erreurs…inspirantes nées de malheureux hasard (une des formes de la sérendipité)?
=> Quels sont vos échecs brillants ou comment rendre ces échecs brillants ? Les connaissez-vous tout d’abord ?


Une autre approche possible consisterait à se dire que le meilleur moyen d’éviter les erreurs c’est de ne pas en faire ou de les rectifier immédiatement. C’est la démarche innovation « lean » qui consiste à travailler en mode « essai-erreurs » pour corriger rapidement le tir. Dans un monde devenu Bêta, pourquoi alors stigmatisons-nous encore l’échec sans nous retrouver dans le déni non plus ? 
=> Comment introduire plus de Bêta dans vos processus, lancements, projets… ? 

Enfin, le dernier cas de figure que nous n’avons pas encore envisagé concerne les stratégies d’entreprises que nous percevons de l’extérieur comme des erreurs…et qui sont sciemment décidées, par exemple : le recentrage d’activités au détriment de marchés qui restent apparemment prometteurs (IBM et l’arrêt des ordinateurs portables) mais jugés plus assez rentables pour l’entreprise, l’arrêt de services « populaires » (Google Reader, plateforme d’agrégation et de lecture de flux RSS) mais plus en cohérence avec la stratégie Google et le lancement de Google+…
=> Quels sont les projets à stopper et qui, pourtant, pourraient être perçus comme des erreurs vues de l’extérieur ? Pour quelle intention stratégique ? Pour quelle stratégie d’innovation ?

Les organisations qui restent perdues dans la capacité à traduire des pistes innovation ou à capter de nouvelles formes d’innovation ne le sont jamais longtemps si elles gardent en mémoire que l’immortalité n’est toujours pas à l’ordre du jour et que les erreurs sont inhérentes à tout projet innovation. Ca, c’est le constat ; pour la mise en dynamique, seules restent les (bonnes) questions à accepter de se poser, une boîte à erreurs « intelligentes » à intégrer dans les Systèmes de Management des Idées et dans la culture d’entreprise ?

A suivre la semaine prochaine : Comment communiquer le « nouveau » ? 

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