Mythes et fantasmes autour de la créativité et de l’innovation

La créativité et l’innovation font certainement aujourd’hui partie des mots les plus galvaudés en entreprise, comme le souligne justement Scott Berkun dans sa chronique « Why innovation is overrated« .Celui-ci explique que finalement les entreprises les plus innovantes ne sont peut-être pas celles qui utilisent le plus le mot « innovation » mais plutôt des termes précis et pragmatiques tels que « problème », « résoudre », « changer », « expérimenter », « se risquer », « prototyper » etc…

Le problème (justement), c’est que vous avez des entreprises telles que Google, Apple…qui entretiennent le mythe de l’innovation « facile ». Un peu comme les top-models contribuent au fantasme/diktat collectif de la femme parfaite, ces modèles économiques renvoient aux entreprises une image de l’innovation implacable et… inaccessible.

Pour ne citer que l’Iphone (je n’ai rien contre le produit évidemment mais contre le bruit médiatique qui a frôlé le délirium, si). La première version de l’IPhone a été un

flop d’un point de vue commercial : un très beau produit qui a, certes, obligé les autres opérateurs à se mobiliser rapidement, que l’on a ovationné pour son business modèle « fermé » mais qui n’a rencontré que les…Geeks, donc pas le marché.La deuxième version sert de séance de rattrapage…au grand dam de ces fameux Geeks (qui doivent se sentir bien floués dans l’histoire !) et avec un business modèle un peu plus « ouvert » cette fois-ci (il y a des tendances contre lesquelles on ne peut aller, même quand on est leader).

J’en viens à la créativité en entreprise qui, elle ausi, serait devenue la panacée. Je reprends les 10 principaux mythes parmi ceux cités par

LifeDev

  1. Les gens créatifs sont des originaux.
  2. Mettez une dizaine de personnes dans une pièce pour faire un brainstorming et il en sortira des idées créatives.
  3. Seuls les gens créatifs ont des idées créatives.
  4. Les gens créatifs ont toujours de grandes idées.
  5. Les contraintes de délais stimulent la créativité.
  6. La mise en concurrence (prix de la meilleure idée) donne plus de résultats que la collaboration.
  7. Les créatifs sont désordonnés.
  8. La structure est contraire à la pensée créative.
  9. Il n’y a que certaines fonctions ou certains métiers qui justifient d’être créatifs.
  10. La technologie (logiciels etc…) permet de développer plus d’idées.
 

The Riddle est sans aucun doute l’un des meilleurs livres à lire si vous vous retrouvez dans l’une de ces 10 phrases. Pourquoi ? L’auteur, Andrew Razeghi, explique simplement que s’il n’y a pas d’innovation sans créativité, celle-ci a une définition bien précise en entreprise :

  • La créativité en entreprise est orientée par rapport à un objectif (rien à voir avec la créativité artistique.
  • L’objectif de la créativité consiste à créer des solutions pertinentes à un problème existant, émergent ou à anticiper.
Enfin, pour boucler la boucle, je vous propose de jeter un coup d’oeil ci-dessous aux styles d’innovateurs (ou styles de résolution de problèmes) proposés par DeGraff : ceux qui ont plutôt tendance à développer des idées de ruputre, ceux qui vont rechercher des solutions avec des résultats concrets et court terme, ceux qui vont chercher à combiner pour améliorer l’existant et ceux, enfin, qui préféreront créer des communautés de pratiques pour élaborer de nouvelles propositions.Aucun style n’est plus innovant que l’autre, tout dépend du contexte marché, de la position de l’entreprise et de ses valeurs, mais aussi de l’objectif à atteindre.

Dans une équipe, il est préférable d’avoir les 4 types de profils, simultanément ou non selon la problématique, pour avoir une solution « 360° » !


Tout cela est bien pragmatique, je le sais, mais c’est ce qui marche !


Marianne Dekeyser

4 Commentaires

  1. Ange 22 juillet 2008 Répondre

    Premier commentaire sur cet article et je me reconnais complètement dans cette démystification. On me dit souvent que pour un concepteur-rédacteur en agence de pub, je ne suis pas aussi « décalé » (dans mon comportement) que « doivent » l’être les créatifs. On peut vraisemblablement être à la fois inventif et pragmatique (les objectifs de com’ imposent de toute façon des contraintes), y compris dans son attitude et ses projets.
    D’où l’idée de « créativité communicante » ou « créativité commerciale » que j’aime mettre en avant en réponse.

    Merci encore pour cet excellent article.

  2. Merci pour votre contribution et votre partage d’expérience ! A bientôt !

  3. Anonymous 28 janvier 2009 Répondre

    Bonjour,
    j’aimerais savoir où est-ce que vous avez trouvé la traduction du shéma de degraff?
    Merci de partager avec nous vos réflexions!
    Estelle

  4. Il se trouve que j’ai pas mal étudié le sujet en général et plus précisément dans le cadre d’un programme effectué pour une entreprise sur le thème du « manager innovant ». Les traductions sont faites maison !

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