P comme…Paléoanthropologue et Paradigme

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Quel rapport entre la paléoanthropologie* et l’innovation ? C’est ce que nous démontre Pascal Picq dans son livre « Un paléoanthropologue dans l’entreprise, s’adapter et innover pour survivre – Editions Eyrolles 2011.
S’il y a un livre 2011 à lire sur l’innovation c’est bien celui-ci : brillant (trop parfois?) mais qui surtout réélargira la vision de l’innovation pour reposer l’étape 0 de tout questionnement innovation. Cette étape est souvent « zappée » par manque de temps, manque d’envie de vraiment faire différemment mais « pour changer le monde, il faut changer sa façon de penser et donc changer de paradigme ». Tel est l’objectif (ambitieux) de cet ouvrage.

Si Pascal Picq y démontre comment le courant darwiniste de l’évolution peut aider à faire sauter les blocages de l’entreprise en France, prisonnière de vieux réflexes lamarckiens (la verticalité), il démontre surtout comment une autre façon de penser l’entreprise, décloisonnée, responsable et pragmatique est envisageable.

 
La première partie du livre peut sembler un peu « universitaire » (idéologies, définitions des stratégies adaptatives…), elle résonne d’autant mieux dans la deuxième partie portant sur la France et la culture entrepreneuriale.
 
Quelques éléments de réflexion que je vous fais partager : 
 
  • La crise actuelle n’est pas qu’un accident de parcours : « elle participe de l’évolution ».
  • « Etre darwinien, ce n’est pas éliminer les autres, mais écarter des pratiques et des modèles aux effets délétères pour l’économie et l’ensemble de la société. »
  • Sur l’analyse du livre de Jared Diamond « Effondrement: comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » – Gallimard 2005 :
    « les civilisations meurent avant tout de la déliquescence des valeurs et des représentations qui ont fait leur force. Alors que leur succès et leur puissance se sont batis sur des organisations économiques, sociales et politiques nouvelles en leur temps, elles se montrent incapables de les changer, de les faire évoluer face aux modifications du monde […] Donc contrairement à toutes ces thèses qui expliquent l’effondrement des civilisations  sous la pression d’événements extérieurs (catastrophes naturelles, changements climatiques, invasions…), elles déclinent de leur incapacité à se repenser. Elles disparaissent car leurs capacités internes, sclérosées, ne permettent plus de résister aux facteurs externes. »
  • Pour une entreprise darwinienne : « les entreprises les plus innovantes recourent plus à leur capacité à se réorganiser, à bricoler, et non pas à la manie de perfectionner un modèle déjà existant par la seule recherche d’une meilleure productivité. Ce sont des moyens nécessaires; non des buts, car cela entrave toute possibilité de changer de projet. En fait les trois quarts des innovations, que ce soit dans les services ou les industries, proviennent de « bricolages » aux sens de François Jacob (analogies gènes/innovations techniques) et de Claude Lévi Strauss (analogie représentations culturelles/management).
    Car en science comme dans l’évolution, on n’avance pas qu’en produisant de nouvelles données ou observations mais en reconsidérant les paradigmes. »
Le livre 2012 de l’innovation qu’il ne faudra pas manquer c’est Grow de Jim Stengel dans lequel l’auteur démontre, via une étude colossale, comment les « meilleures » marques et entreprises sont celles qui sont passées au vert.

En 2012, changeons nos paradigmes !

 
 
*La paléoanthropologie est la branche de l’anthropologie physique qui étudie l’évolution humaine. L’évolution humaine désigne les différentes étapes qui ont permis d’aboutir à l’homme moderne, Homo sapiens, à partir de ses ancêtres primates. Source Wikipedia
Marianne Dekeyser

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