Réapprendre à compter

La dernière étude 2010 du BCG sur l’innovation le souligne une nouvelle fois : si la satisfaction des dirigeants quant au Retour sur Investissement de l’innovation a augmenté depuis 3 ans, elle reste néanmoins faible (55% des répondants se disent en effet satisfaits).

Pour quelles raisons ? Selon les répondants, ce problème tiendrait à plusieurs causes :

  1. Les critères utilisés dans leur entreprise pour suivre le ROI (principalement la satisfaction client et la croissance de chiffre d’affaires).
  2. Une culture d’entreprise qui ne prend pas de risque (on garde les mêmes critères même s’ils ne sont pas très parlants et/ou l’innovation en tant que telle concerne des changements mineurs sur l’offre existante).
  3. Des temps de développement longs qui opacifient le suivi.

Une des leçons de l’innovation responsable, c’est de nous réapprendre à compter. Le mot semble étrange mais il remet au coeur l’objectif de toute innovation : la double valeur ajoutée, pour l’entreprise et pour le client. Et désormais, rajoute une troisième valeur ajoutée pour l’environnement.

Pour vous refaire une idée neuve sur cet aspect, je vous invite à lire deux ouvrages.

Le premier s’appelle « Greenovate : Companies innovating to create a more sustainable world. » Il est issu des synthèse de 3 cabinets conseil en innovation IXL Center, Hult et Imaginatik.

Le ton est donné en introduction : « Ces innovations responsables doivent être financièrement et économiquement faisables à une certaine échelle. Sans cela, les bonnes idées responsables ne peuvent rester qu’au stade de la bonne intention »
Les exemples sont variés (Des plastiques recyclés comme matériau de construction, Utiliser des containers comme des abris, Un éclairage de rue intelligent qui réduit considérablement la note d’électricité…) et présentés de façon (enfin) visuelle et synthétique : quelle est l’innovation ? Qu’est-ce qui rend cette innovation responsable ? Quels ont été les résultats (chiffrés) ? Et surtout qu’est-ce qui  a permis de mener à bien cette innovation ? quelles ont été les barrières ? Quel a été l’impact sur les parties prenantes et quelles prochaines étapes ? 

L’ouvrage a clairement un objectif de vulgarisation et l’on regrettera que sur les 50 cas détaillés, quelques uns ne soient pas proposés pour partage. Voici la présentation d’un des exemples, en l’occurence Cargill et les bioplastiques.

Les leçons que les auteurs nous invitent à retenir pour que l’innovation responsable s’inscrive dans nos bonnes pratiques !
  • Garder en mémoire cet adage « Faire plus avec moins »
  • Substituer sans sacrifier la performance
  • Informer et mobiliser les énergies (ne pas occulter le changement d’habitudes, d’usages ou de consommation intimement lié à ces nouvelles propositions).
  • Trouver non plus la solution « gagnant/gagnant » mais « gagnant/gagnant/gagnant ». Les exemples cités impliquent en général trois parties prenantes différentes (pour simplifier) avec des ressources, des attentes et des objectifs différents…et pourtant.
En complément, je vous recommande l’étude, en deux temps, menée par l’OCDE sur l’éco-conception. Ce premier rapport avait été édité fin 2009 et se concentrait sur les définitions, études et exemples concrets.

La deuxième phase, prévue durant 2010, consistera à proposer des modèles et cadres d’applications plus systémiques.

Réapprendre à compter peut sembler moins « glamour » que de se lancer un défi du type » et si on était Apple ? » Pourtant, les deux ne sont pas et ne doivent plus être antinomiques : être durable et rentable, être innovant et rentable.

Cette épreuve de la réalité devrait, à coup sûr, redonner un sens…un peu dénaturé à l’innovation !

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