Tous créatifs !

Je vais vous poser deux questions dans 3 domaines différents :

Q1 : « Pensez-vous faire du bon travail ? »

Q2 : « Pensez-vous que votre valeur soit reconnue au travail? »
Q1 bis : « Etes-vous pour l’égalité Hommes/Femmes? »
Q2 bis : « Pensez-vous vous impliquer autant que votre femme/concubine dans les tâches ménagères au quotidien ? »
Q1 ter : « Pensez-vous être créatifs ?
Q2 ter : « Pensez-vous que votre créativité soit reconnue par votre entreprise ? »
Quel est le rapport entre ces 3 questions ? La réponse !
Sur certains sujets, vous émettrez forcément la réponse que tout le monde attend, la plus valorisante, car elle est politiquement correct (Q1, Q1bis, Q1 ter). Ensuite, la deuxième question met souvent en lumière l’écart entre « le bien pensant » et la réalité.
Les deux dernières questions sont extraites d’une enquête menée par Ipsos Public Affairs aux Etats Unis sur commande de la FCEDA (Centre de Développement économique de la Virginie). Celle-ci va, en effet, organiser un symposium national sur l’Economie créative fin octobre. A l’heure où l’avantage concurrentiel repose sur la créativité et l’innovation des entreprises, la FCEDA souhaitait faire un état des lieux sur la créativité en entreprise.
Comme on pouvait s’y attendre, les Américains ont massivement répondu qu’ils étaient créatifs (88%), mais seulement 63% pensaient que l’entreprise reconnaissait leur créativité et 61% jugeaient leur entreprise vraiment créative.
Quels sont les mérites de l’étude ?
  1. Changer de point de vue et raisonner au niveau national : les études sur l’innovation et la créativité portent souvent sur les cibles dirigeantes ou les stratégies d’entreprise, celle-ci s’intéresse aux salariés.

  2. Mettre les entreprises au pied du mur et les inciter à réveiller les énergies créatives de leurs salariés : vous dites être innovants, alors pourquoi vos salariés ont-ils l’impression que leur potentiel créatif est sous-utilisé ?

  3. Ils ont raison ces Américains, on est tous créatifs ou plutôt on l’a été… avant d’être formatés. Vous savez l’époque où vous n’aviez pas peur de demander « pourquoi le ciel est bleu? », « Pourquoi on ne met pas des protège-cahiers sur les voitures pour éviter qu’elles soient mouillées quand il pleut » etc….
En France, on s’interroge aussi au sein des entreprises ayant mis en place des démarches d’innovation participative ou système de management des idées. Pour simplifier, le principe consiste à favoriser l’émergence et le partage des idées nouvelles au sein de l’entreprise. Innov’Acteurs vient de rendre les conclusions de son enquête et le système reste à optimiser :

« Environ 1 salarié sur 2 sait pourquoi une idée d’amélioration est retenue ou pas et est tenu informé de l’avancement de la mise en oeuvre des idées retenues mais il regrette qu’elles ne soient pas mises en oeuvre jusqu’au bout.

On constate également des attentes portant sur une meilleure reconnaissance des contributeurs et une valorisation plus forte des gains générés par la démarche. Seulement 52% des répondants estiment que les auteurs des idées sont reconnus. »

Alors, on fait quoi pour savoir où on est de la créativité et comment on la valorise ? Et si on faisait aussi une étude nationale, en France, sur la créativité ? Et si en plus de notre numéro de sécurité sociale, de notre style de management, on était aussi capable de décliner notre style créatif ? Et si on apprenait à dire « Et si » ?

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