Une Rentrée sous le signe de l’Innovation-Réalité

Que s’est-il passé ou pas pendant cet été dans le Landernau mondial de l’innovation (tant qu’à faire autant repartir très fort !).
  1. D’après Infographics (un des blogs de références sur l’infographie) les idées les plus originales (dans leur domaine) ne se trouvent pas dans les journaux ou magazines mais dans les blogs, sur Flickr ou autres pages personnelles.Le constat n’est peut-être pas complètement objectif compte-tenu de la source, mais il y a certainement une part de vérité à prendre en compte.
    Le blog illustre ses propos avec trois exemples dont celui de Lokesh Dakhar, présenté en vignette et dont l’esprit réaliste du « je dessine, ce que je bois » correspond bien au thème du jour.Pour rebondir sur le constat d’Infographics, j’ajouterai que les deux nouvelles suivantes ont presque fait l’objet de « brèves »… et pourtant elles sont le signe d’un retour à plus d’innovation-réalité.
  2. Obama prévoit un plan B pour la mise en oeuvre de la réforme de la santé.Les faits (source le Monde du 19 août 2009) :
    Président élu sur sa volonté de changement et de réformes aux Aux Etats-Unis, il peine à convaincre de son ambitieux (innovant ?) plan de réforme pour l’instauration d’une assurance maladie publique, directement concurrente des assureurs privés existants. Pour mémoire, on estime que 46 à 48 millions d’Américains sont dénués de protection médicale, 80 millions à 100 millions d’autres ne jouissant que d’une protection limitée. (sur un peu plus de 300 millions d’habitants).
    Secrétaire à la santé,
    Kathleen Sybel
    ius considère désormais qu’une telle assurance publique n’est « pas un élément essentiel » de la réforme. La commission sénatoriale des finances travaille sur une option alternative : créer une ou diverses « coopératives à but non lucratif » (il en existe à l’échelon local) qui offriraient des alternatives aux polices privées. L’intérêt : Avez-vous déjà entendu parler de plan B dans la presse pour un projet innovant ?
    Rares sont les entreprises qui parlent haut et fort de leur plan B en cas d’échec ou du fait qu’elles ont finalement lancé leur plan B plutôt que le A. Pourtant les « plans B » font partie intégrante des plans d’innovation.

    L’exemple d’Obama (en dehors de toutes considérations politiques) est un exemple d’innovation-réalité à suivre de près.
    En effet, plus une
    idée est innovante (induisant un réel changement de paradigme), plus elle est risquée, plus elle provoquera de réticences au changement et plus elle a de « chances » d’échouer.

    Evidemment, proposer un plan B (toujours plus modeste) cela revient en quelque sorte à diminuer l’impact de l’innovation et de la valeur ajoutée possible, voire de poser la possibilité d’un échec. Ensuite les plans B sont normalement « évacués » dans la phase de « construction d’un projet » soit en envisageant à l’avance toutes les résistances possibles et en construisant les réponses adéquates, soit en co-construisant la solution avec les parties prenantes (ce qui n’est pas vraiment le cas dans l’exemple décrit !).

    Pourtant, réflechir avec un plan B reste un exercice hautement créatif : le principe consiste à faire presque autant « avec moins de risques » et il permet souvent de générer des plans B plus pertinents que les plans A.

    Conclusion :
    La presse nous avait habitués à regarder le monde de l’innovation en noir et blanc, entre les succès de l’IPhones ou les échecs retentissant du Segway. L’innovation n’est pas dichotomique : elle est faite de tests, d’erreurs et de capacité permanente à comprendre, à apprendre et rebondir (même quand elle suit un process structuré).
    Donner plus de visibilité aux plans B, c’est reconnaître aussi enfin le droit à l’erreur comme facteur inhérent de l’innovation mais aussi comme source de progrès. Cette innovation-réalité serait peut-être plus inspirante pour la majorité des entreprises qui cherchent à développer leur activité.

    Nota Bene : Nous, français, sourions en observant le tollé généré par la mise en oeuvre d’un système dont nous jouissons au quotidien (l’accès à une sécurité sociale qui prend en charge nos soins).
    Le degré d’innovation d’un projet se juge toujours par rapport à un contexte d’entreprise, marché….

     

  3. Starbucks se met au « lean manufacturing« Les faits (source The Wall Street Journal du 15 août 2009)
    Starbucks, la Référence en matière d’expérience client et capable de vendre un café 4 euros, a fait diverses annonces en 2009. Ces annonces relèvent plus d’une nouvelle orientation gestionnaire (dont des réductions de coûts via la mise en place de la méthodologie « lean » à la japonaise). Changement de cap ?

    L’intérêt :
    Si l’on sort de la dichotomie usuelle (encore elle) qui nous pousse à penser que soit une entreprise gère et améliore, soit elle innove radicalement, l’annonce n’a rien de surprenant.
    De nombreuses entreprises américaines se sont mises au « lean manufacturing » depuis les années 80. Tout comme de nombreuses entreprises japonaises comme Toyota ont intégré dans leurs pratiques des méthodes d’innovation plus rupturistes comme la Stratégie Océan Bleu (méthode américaine).

    Conclusion :
    Innover, c’est proposer une nouvelle offre (au sens large) capable de créer une double valeur ajoutée tangible pour l’entreprise et pour ses clients.
    L’innovation-réalité nous apprend qu’une entreprise innovante fonctionne en même temps avec son cerveau droit et gauche : de l’anticipation, des idées, des tests, des concepts et de l’optimisation permanente.De fait, seul un mixte de méthodes permet d’atteindre le double objectif de toute nouvelle offre.

    Pour aller plus loin sur le concept de glasnost appliquée à l’innovation, je vous recommande deux livres très récents :

    Conquering the innovation fatigue
    Borrowing brilliance

A suivre cette semaine sur le blog, des listes de Rentrée pas comme les autres !

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Marianne Dekeyser

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