Qu’est-ce qui nous unit ?

Lorenzo Mattoti_Estanca oculta 2004

J’ai emprunté le titre de ce billet à l’opus de Roger-Pol Droit, paru aux éditions Plon en août dernier. Dans cet ouvrage, Roger Pol-Droit explore le “nous” sous toutes ses dimensions et ce qui fait le sentiment de collectif. Il souligne : “A force de ne parler que des oppositions, on finit par estomper et par méconnaître les solidarités et attachements. A l’arrière-plan des déchirures subsiste pourtant tout ce qui nous rassemble, nous relie, nous unit.”

J’en retiendrai une analogie-clé pour les organisations aujourd’hui, analogie qui s’exprime sous forme de paradoxe : d’une part, le mouvement pour libérer l’intelligence collective et opérer en intelligence collective et, d’autre part, l’existence voire le renforcement des désunions.

Qu’est-ce qu’une désunion ? la génération Y versus les autres générations, telle “business unit” versus telle autre “business unit”, “les services supports” versus tous les autres services, une zone géographique d’activité versus une autre etc… (je vous laisse compléter la liste des silos ;-)).

Cette désunion sous-tend une forme d’incommunicabilité, de relations “dominant/dominé”, de mondes antithétiques peu favorables au projet d’intelligence collective tel que défini par le sociologue Pierre Levy : “le projet de l’intelligence collective consiste précisément à valoriser toute la diversité des connaissances, des compétences et des idées qui se trouvent dans une collectivité, et à organiser cette diversité en un dialogue créatif et productif ». La culture de l’intelligence collective travaille à établir de manière douce et pacifique un « multilogue » ouvert. L’intelligence collective c’est la capacité des individus à co-construire des expériences, des méthodes de travail, c’est la capacité d’un collectif, d’une organisation à se poser des questions et à chercher des réponses ensemble.”

Ma conclusion va vous sembler désespérément simple (c’est ce que j’appelle les “micro-transformations”) : changez l’ordre de vos questions ! Commencez par réfléchir en équipe à “qu’est-ce qui nous unit ?” (des valeurs, un projet, un enjeu, une envie, des forces…) avant de cerner les différences, pour identifier comment les valoriser ou les dépasser ensemble (selon l’objectif à atteindre). Il est grand temps de retrouver le “goût de l’autre” et plus largement “le goût des autres” pour (re)lancer de nouvelles conversations à valeur ajoutée.

Source image : Lorenzo Mattoti-ESTANCA Oculta 2004

Marianne Dekeyser

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