Qui s’occupe du futur ?

La question peut sembler incongrue, voire déplacée, dans un contexte de confinement généralisé, de repli et de survie pour beaucoup d’entreprises. Cette période exceptionnelle fait partager à l’envi des journaux de bords pour raconter ce que chacun, chacune fait et vit différemment au quotidien. Il se passe donc quelque chose dans ce temps apparemment suspendu pour beaucoup.

Ce billet est une sorte de journal de bord réflexif pour CoDir, sous forme de questions très simples pour préparer l’imprévisible, c’est-à-dire demain. Cette pandémie a le mérite de reposer la question de l’ambidextrie organisationnelle.

Littéralement, l’ambidextrie est la capacité pour une personne d’être aussi habile avec les deux bras (plutôt que d’avoir une main préférentielle pour écrire par exemple). Adaptée au monde de l’entreprise (Duncan 1976 et March 1991), l’ambidextrie se traduit par la capacité à mettre en place des structures duales afin de mener en parallèle deux types d’activités : les activités d’exploitation ou gestion de l’activité connue et celles d’exploration, projection de la réflexion pour identifier les activités, produits, services de demain.

[Idéalement, chacun ou chacune doit développer cette capacité individuelle dans une organisation innovante : faire son métier et imaginer ce qu’il pourrait être demain.]

Si à très court terme, l’objectif de toutes les entreprises consiste pour l’instant à préserver l’exploitation de leurs activités, l’effraction de l’impensable et de l’impensé dans nos quotidiens invite à s’interroger de façon radicale sur la façon dont nous prenons soin du futur et de ses impensés. Voici une liste, non exhaustive, de questions

 

Questions d’exploitation :

  • Que se passe-t-il ?
  • Qu’est-ce que cela signifie ?
  • Que devrions-nous faire ?

 

Questions d’exploitation / exploration :

  • Qu’est-ce que cela va changer pour nous et nos parties prenantes et pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui ne changera pas ?
  • Qu’est-ce qui peut changer (encore) ?
  • Qu’est-ce qui doit changer ?

Question “crash test exploratoire” :

  • Si votre organisation venait à disparaître, dans quelle mesure manquerait-elle à vos clients (sur une échelle de 1 à 10) ?
    Plus concrètement, quelle est la valeur que vous proposez à vos clients et la pertinence radicale de votre proposition ?
    Pour vous inspirer, nous vous invitons à relire la pyramide de valeur établie par le cabinet Bain en 2016.

Se pose enfin une question un peu inédite : qui est responsable du futur dans votre organisation ?

  • Est-ce que la quantité et la qualité de temps passé est suffisante ?
    Beaucoup d’articles innovation parlent de la performance opérationnelle d’Amazon, de la culture du “jour 1” (faire comme si chaque jour était toujours le premier pour donner le meilleur de soi-même), de la taille des équipes qui doivent faire la taille d’une pizza (6 personnes maximum compte tenu de la taille d’une pizza américaine) etc…Je n’aborderai pas la dimension managériale ici, en revanche peu mentionne le fait que Jeff Bezos (que l’on l’apprécie ou non l personne) passe plus de la moitié de sa semaine à penser au futur. Il n’y a peut-être pas de hasard entre avoir un coup d’avance et perdre du temps à en prendre.
  • De quoi, de quelles ressources avons-nous besoin pour mieux nous préparer à demain ? détecter des signaux faibles ?
  • Quelles sont les tendances que nous suivons et pourquoi ? Lesquelles sont manquantes ? Nos sources sont-elles assez diversifiées et de qualité ?
  • A quelle fréquence repensons-nous nos scénarios de marchés ? et quels sont nos horizons de temps (1 an, 3 ans ?)
  • etc…

Se pose une dernière, dernière question : vous avez le choix entre quatre types de futurs….

 

 

 

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